En Nouvelle-Calédonie, les partis politiques s’obstinent à s’effilocher.
C’est une particularité typiquement locale que la Nouvelle-Calédonie a déjà connue. En effet, le temps où l’Assemblée territoriale comptait dix-neuf partis pour trente-cinq élus n’est pas si loin et on se souvient encore des dégâts que cet éclatement avait causés.
La stérilité de l’action politique actuelle est la preuve flagrante que la seule préoccupation des élus- dont la majorité a pourtant vécu les drames-, est le goût du pouvoir, devenu une fin en soi qui l’emporte sur l’intérêt général. Ces élus n’hésitent pas alors à démolir ce qui avait été construit d’essentiel, à poignarder par le dénigrement, d’abord ceux qui avaient bâti ce que tout le monde reconnaît aujourd’hui, ensuite à se poignarder entre eux.
Aujourd’hui, au moment où les hommes et les femmes de ce pays, y compris les jeunes, fêtent avec joie la réconciliation de la Nouvelle-Calédonie en commémorant la poignée de main entre Jean-marie Tjibaou et Jacques Lafleur, au moment où la conviction d’une citoyenneté calédonienne dans la France se construit, la Nouvelle-Calédonie peut-elle se payer le luxe de recommencer à tout briser ?
Cet essentiel là est en lambeaux. Pour stopper cet effilochage, les élus doivent faire leur cette maxime trouvée par Kiki Kare pour illustrer une exposition au Centre culturel Jean-Marie Tjibaou:« Si y a pas toi, y a pas moi ».
Cet avertissement s’adresse aux tenants du pouvoir actuel, mais aussi aux autres, indépendantistes compris, qui s’effilochent parce qu’incapables de se retrouver au sein d’une action commune, ce qui leur vaut de n’avoir aucun élu à l’Assemblée de la province Sud.
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